Avez-vous fait votre selfie ?

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Avez-vous fait votre selfie ?

28 Oct 2019

 

Vous souffrez des lombaires, des cervicales, de l’épaule ou encore du genou ? Vous avez dû, ou vous allez probablement, réaliser une imagerie de la zone ou des zones qui vous font souffrir : radio, scanner, échographie, IRM. Mais dans quel but vous prescrit-on une imagerie ? Pour comprendre ce qu’il se passe, d’où viennent vos symptômes et ce qui fait mal ? Les imageries peuvent effectivement apporter des éléments de réponse…mais en réalité, c’est rarement le cas. Explications.

 

Nombre de professionnels de santé, en se basant sur votre imagerie, vous expliqueront que vos douleurs proviennent des modifications visibles : discopathies, protrusion ou hernie discale, arthrose, fissures, spondylolysthésis…Or, il semblerait que l’explication ne vienne pas de là.

Une étude de 2014(1) a passé en revue 33 articles, regroupant au total 3310 personnes asymptomatiques (c’est à dire sans douleur, sans perte de mobilité…), chez qui une imagerie de la région lombaire avait été réalisée. Les résultats ont été regroupés par tranche d’âge de 10 ans, à partir de 20 ans jusqu’à 80 ans.

On retrouve une dégénérescence du disque chez 37% des individus de 20 ans, augmentant à 96% chez les individus de 80 ans. Les protrusions discales sont présentes chez 29% des 20 ans, et 43% des 80 ans, un spondylolysthésis chez 5% et 50% respectivement. Les modifications présentes à l’imagerie chez des personnes asymptomatiques sont donc normales, et en augmentation avec l’âge.

 

Concernant l’épaule, il est courant de dire que les douleurs sont dues aux « tendinites », fissures des tendons, à l’arthrose, du fait d’une utilisation trop importante du membre.

Des échographies ont été réalisées chez des personnes asymptomatiques, âgées de 40 à 90 ans. Chez les plus de 70 ans, on retrouvait un déchirure des tendons de la coiffe des rotateurs dans 50% des cas et 80% des plus de 80 ans (2). On retrouvait également 96% d’anomalies radiologiques (3) chez les participants (dégénérescence, déchirure, tendinose, etc.).

Et en utilisant un autre examen que l’échographie, est-ce que les résultats changent ?

Prenons l’IRM. 19 lanceurs de base-ball professionnels, asymptomatiques, ont réalisé une IRM haute définition (4). Conclusions : 68% avaient une tendinopathie, 32% une rupture partielle, 21% de l’arthrose.

Peut-être ont-ils développé des symptômes par la suite ?

Une autre étude (5) sur des athlètes asymptomatiques (lanceurs et tennis), pour lesquels des modifications à l’IRM ont été retrouvées, ont été suivis pendant 5 ans. Résultats : tous sont restés asymptomatiques, et tous pratiquaient toujours leur sport en compétition.

 

Alors que penser de toutes ces études ? Elles ne sont pas là pour remettre en cause l’utilité de l’imagerie, mais celle-ci devrait être réalisée dans le seul but d’écarter une pathologie sérieuse (cancer, pathologie inflammatoire…) suspectée lors de l’examen clinique.

En somme, les modifications visibles à l’imagerie n’expliqueront pas votre symptomatologie, et le traitement envisagé ne devrait pas être décidé en fonction de celles-ci, mais plutôt basé sur la modification de vos symptômes.

 

 

Références :

 

  1. Brinjikji et Al. ; Systematic Literature Review of Imaging Features of Spinal Degeneration in Asymptomatic Populations, 2012, AJNR.

  2. Milgrom et Al. ; 1995, JBJS.

  3. Girish et Al. ; Ultrasound of the shoulder : asymptomatic findings in men, 2011, AJR.

  4. Del Grande et Al. ; High-Resolution 3-T Magnetic Resonance Imaging of the Shoulder in Nonsymptomatic Professional Baseball Pitcher Draft Picks, 2016, J Comput Assist Tomogr.

  5. Connor et Al, 2003, AJSM

 

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